Découverte de l’early access de EmberHeart

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EmberHeart se veut être un pur Hack & slash dans la lignée des Diablo Like. Le jeu est développé par une seule personne et utilise le moteur Unreal Engine, avec pour inspiration ceux qui ont donné vie au genre : Diablo 2, Grim Dawn ou encore Torchlight. Disponible sur Steam en Early Access, nous allons découvrir ce que le jeu propose actuellement.

Rien de surprenant au premier coup d’œil, tout commence comme n’importe quel titre du genre par la création de notre personnage. 6 classes sont proposées : le Berserker, le Bear Shaman, l’Enchanteresse, le Lightbringer, le Stalker et le Gravedigger. Seulement 3 d’entre elles sont disponibles pour le moment (dont le Berseker et le Lightbringer), ce qui risque de décevoir les fans de gameplay magique.

Une fois la sélection faite, nous avons le choix entre trois modes de jeu différents : normal, élite et hardcore. Le mode normal correspond à ce dont on a l’habitude de voir, généralement appelé Softcore, le mode Hardcore porte bien son nom, mais celui qui est plus original, c’est le mode Élite qui octroie 6 résurrections avant la disparition définitive du personnage. De quoi potentiellement supprimer la frustration que l’on peut ressentir après une mort bête due à une inattention.

En plus de cela, ce sont pas moins de 8 modes de difficulté qui nous sont proposés, qu’il faudra débloquer au fur à mesure de l’aventure puisqu’un niveau minimum est demandé pour chacun d’eux. Dans l’ensemble, cela reste un bon point, car dès le départ on comprend bien que le jeu est en cours de développement, mais qu’il garde à l’esprit tout ce qu’il faut pour être un vrai Hack & Slash, et cela nous donne envie de découvrir ce qu’il nous réserve.

Le jeu propose d’ores et déjà une histoire que nous découvrons dès les premières minutes. Malheureusement il nous fait directement ressentir qu’il est difficile d’être à la fois créateur et scénariste. En très résumé : l’Emberheart (le cœur de la montagne) a été pris par un grand méchant. Il est la base de la vie, de la faune et de la flore et il rend possible l’utilisation de la magie dans ce monde. Il possède un grand pouvoir et ne doit pas tomber aux mains de mauvaises personnes.

Le tout est enrobé d’une interface qui reste selon moi assez austère et n’est pas suffisamment intégrée au reste, une sensation de surcouche se fait ressentir. Toutefois ce manque de finition reste compréhensible, car le jeu est vient tout juste d’arriver en accès anticipé. Et bien qu’elle ne soit pas une priorité, elle a toutefois le mérite d’être fonctionnelle. Nous remarquerons que toutes les règles classiques d’interfaces liées au genre sont respectées, sans apporter une quelconque originalité.

La première chose que je regarde dans un Hack & Slash avant même sa direction artistique (dont on reparlera plus tard), ce sont les possibilités de personnalisation qui sont offertes ainsi que les statistiques qui leur sont attachées. Cela reste une part importante et je peux comprendre que l’on ne soit pas forcément attiré par le Theorycrafting, mais il est très appréciable d’avoir un minimum de choses pour donner l’impression que notre personnage est unique.

Dans Emberheart, le minimum requis est présent, on retrouve par exemple les statistiques basiques telles que la force, la défense, la précision, la vitalité, l’agilité et la volonté dans lesquelles il sera possible d’investir des points au fur à mesure que notre personnage évolue.

Elles sont également accompagnées de quelques lignes de statistiques supplémentaires que l’on connait bien : les chances de critique, les dégâts critiques, le renvoi de dégâts, les résistances ou la régénération de vie. Tout est là, certes limité, mais cela reste une bonne chose. Car il est préférable d’avoir peu de choses tant qu’elles sont fonctionnelles, que de remplir sans pour autant ajouter de l’intérêt.

Le seul gros point négatif du jeu selon moi est la linéarité de l’arbre des passifs. Bien que cela fut une bonne idée à l’époque de Diablo 2, cela n’est à mon goût plus d’actualité et j’espère que le créateur derrière le jeu aura envie de laisser plus de liberté aux joueurs quant aux choix qu’il propose. Sans pour autant faire un arbre aussi poussé que celui d’un Path of exile ou d’un Grim Dawn, il est totalement possible de faire un mini sphérier permettant d’avoir plusieurs embranchements afin d’accéder aux passifs que l’on souhaite de manières différentes.

On remarquera que le jeu nous offre toutefois la possibilité de déspécialiser nos talents passifs contre une somme d’argent, ce que je trouve correct et bien plus d’actualité, les joueurs ayant de moins en moins envie de recommencer un personnage de zéro à la suite d’un mauvais choix ou lors d’un rééquilibrage après une mise à jour.

Concernant les sorts actifs, le jeu nous offre un panel varié divisé en trois sections : sorts, auras et malédictions, qu’il sera possible de changer à tout moment. Ce système est également accompagné d’une chose intéressante, l’ajout de runes sur chacun des sorts à la manière d’un Diablo 3 permettant de modifier légèrement le comportement de ceux-ci. Un plus agréable, sans pour autant ajouter une grande complexité, mais qui apporte une meilleure personnalisation.

Pour finir la partie de la personnalisation, le jeu possède un système de fabrication (craft) permettant de retirer ou d’ajouter une ligne de statistique sur une arme, une armure ou d’en augmenter son tiers. Je ne vais cependant pas m’attarder plus sur le sujet, celui-ci en est encore à ses prémices et mérites une grande amélioration avant de pouvoir être réellement jugé.

Concernant son gameplay, et après avoir testé pas mal de petits projets indépendants, je suis assez surpris par la qualité proposée par le jeu. Il est dynamique, on a un personnage qui répond bien, qui est très rapide et on n’a pas l’impression lourdeur que l’on peut très souvent ressentir lorsque notre personnage est au rang 1.

L’impact reste présent mais manque encore un peu de finition et il n’est pas toujours facile de sélectionner le monstre que l’on souhaite tuer. On se retrouve souvent au début à tourner autour de lui avant de bien réussir son focus. Un gros travail sur les collisions reste nécessaire afin de rendre les combats moins frustrants, les attaques de zones aident grandement sur ce point et elles sont à privilégier afin d’éviter de se retrouver vite encerclé. Malgré cela, et dans l’ensemble, c’est un bon début et on ne voit rien qui ne soit complètement fermé à une évolution. Je précise tout de même qu’on a ici à faire à un jeu indépendant, qui bien entendu ne pourra jamais avoir la qualité et la finition que peut proposer un studio de plus grande taille.

Et c’est d’ailleurs un des points que je ne comprendrai jamais, pourquoi vouloir essayer de faire le rapprochement avec d’autres jeux du genre, essayer de se comparer ou parler d’inspiration dans une description sur Steam. Car cela risque selon moi de créer une confusion ou de l’incompréhension, voire de créer des avis négatifs lorsque le joueur cherchera à les comparer. Et il est clair qu’Emberheart est très loin des jeux qu’il cite. Cependant, il fait plus penser à un bon jeu OldSchool auquel on pourrait prendre plaisir à jouer.

Un dernier reproche rapide, mais qui pourrait être assez vite corrigé, c’est le manque d’informations. Bien que l’on suive en permanence une quête, nous n’avons que peu d’informations quant à la direction ou la localisation de cette dernière. On se retrouve à prendre une quête et faire tout le tour de la map afin de trouver les objectifs sans forcément vouloir visiter ou découvrir un lieu, mais juste parce que l’on ne sait pas vraiment où il faut aller.

Pour conclure, je serai honnête je n’ai pas forcément testé le jeu durant des dizaines d’heures, celui-ci manque encore cruellement d’améliorations pour en faire un jeu fini. Il manque quelque chose qui le rendrait épique, l’envie de découvrir son monde, de découvrir son histoire. On a plus l’impression d’être face à une bêta qui cherche à nous présenter son potentiel. Et pour cela, c’est tout de même une bonne réussite.

Cependant la 3D est une chose assez difficile à maitriser lorsque l’on est seul. Et le manque de cohérence ou les soucis de collisions risquent d’en freiner plus d’un. Je ne dirai pas que le jeu est mauvais, car pour moi il respecte totalement les codes liés au genre. Dans l’ensemble, il est même assez correct et fonctionnel (bien que je n’ai pas vérifié si toutes les statistiques été bien effectives).

Il n’est cependant pas à mettre dans toutes les mains, il est plus dédié à un public fan du genre, qui cherche une nouvelle expérience au sacrifice d’une direction artistique manquant de cohérence ou encore de finition.

Emberheart a un potentiel à exploiter avec une base correcte, mais qui selon moi sera difficile à perfectionner ou tout du moins prendra beaucoup de temps de développement avant d’en faire un jeu accessible à tous. Toutefois, son prix permet une découverte de manière correcte. Et il sera nécessaire de suivre son développement et d’en surveiller les différentes mises à jour car il pourrait nous apporter quelques surprises.

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