Test: Aluna: Sentinel of the shards

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Il y a des jeux qui ont de bonnes idées, et d’autres qui sont bien réalisés…
Aluna : Sentinel of the shards se situe sur cet entre-deux difficilement descriptible. Projet indépendant porté par l’actrice Paula Garces et Antonio Hernandez voulant mettre en avant une héroïne fière et forte, dans un Diablo like sur fond de mythologie inca et des références qui vont avec.

Sur ce premier point, l’héroïne est vraiment mise en avant. Sans être trop stéréotypée ni même sexualisée, on y découvre un personnage riche qui nous partage sa culture, ses mythes, dans une histoire très correcte mais sans réelle surprise. 

Quant au second point, l’idée de réaliser un Diablo like, n’est pas tout à fait réussie. Le jeu est beaucoup trop simpliste, sans aucune idée personnelle, donnant la sensation d’une sorte de copier-coller un peu raté.

Souvent répété au sein du site, faire un hack and slash n’est pas une chose facile. Le genre est là depuis de nombreuses années, réussir à sortir du lot avec de nouvelles idées, tout en gardant les mécanismes de base est un travail ambitieux.

Aluna Sentinel of the shards

Pour Aluna : Sentinel of the shards l’exercice n’est de ce fait, pas une réussite. Le jeu est rempli de petites erreurs, sentant même le manque de finition. Ses défauts pourront lui être excusés ou non, du fait qu’il ne s’agit pas ici d’un studio AAA. 

Il est par ailleurs souvent difficile de juger un projet comme celui-ci, car peu de petits studios n’ont pour le moment réussi à nous faire vivre une expérience équivalente aux plus grands noms du genre.  

Tout commence avec une petite histoire

Aluna : Sentinel of the shards nous conte l’histoire de Pachamama, mère du monde et de la fertilité qui doit se sacrifier afin de sauver sa fille Aluna d’une terrible catastrophe. Aluna se retrouve en quête de réunir différents fragments regorgeant de pouvoir, qui se sont retrouvés éparpillés dans la jungle sud-américaine. Elle devra affronter les diverses embûches qui se mettront sur sa route, grâce à sa force et l’esprit de sa mère porté dans son collier, et de quelques autres divinités et amis qu’elle rencontrera sur son chemin.

C’est avec cette très longue quête que nous allons visiter les différents environnements du jeu : temples en tous genres cachés au fin fond de la jungle, plages côtières remplies de conquistadors, rivière qu’il faudra remonter, volcan…

Aluna Sentinel of the shards

Les messages sont forts, la mythologie est au cœur du jeu, et on ressent vraiment que le but est avant tout de nous raconter quelque chose. Nous conter une histoire sous un angle différent, moins connu de tous. Et sur ce point, le studio a rempli tous ces objectifs.

Côté technique le résultat est beaucoup moins positif, même si l’ambiance nous plonge dans des environnements que l’on a moins l’habitude de voir dans un hack and slash, le résultat n’est pas vraiment au rendez-vous. Un manque de technique se fait ressentir, les environnement sont plats, peu animés, les assets très souvent réutilisé et même les différents lieux que l’on va revisiter, nous donnent l’impression de revenir à l’époque d’un Titan Quest.

Son bestiaire quant à lui est intéressant, ici point de grotesques ou de rats en tous genres, on se retrouve face à des crocodiles, des singes et divers animaux de la jungle en passant par les fameux conquistadors venant piller tout ce qu’ils trouvent. Bien entendu quelques squelettes seront également de la partie, mais ils sont correctement amenés à l’histoire et rien ne dénote à son ambiance.

Malheureusement il arrive parfois que certains se retrouvent bloqués entre eux, voire avec les différents éléments de décors, venant gâcher quelque peu ces rencontres.

Toutefois, la présence de cinématiques façon bande dessinée viendra relancer l’attrait pour le jeu et appuiera cette ambiance, afin de rythmer notre aventure, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Rares sont les jeux qui prennent le temps de s’enrichir avec ce genre de détail qui nous donne la sensation de progression.

Aluna Sentinel of the shards

Un gameplay qui manque d’ambition

Concernant son gameplay, c’est là que le ressenti d’entre-deux est le plus fort. Le jeu respecte en tout point les critères d’un hack & slash. Des points pourront être dépensés dans un arbre de talents regroupant passifs et actifs, lui-même divisé en trois parties afin de s’orienter vers la magie, vers les dégâts à distance ou vers les dégâts de mêlée. 

Il ne s’agit pas d’un réel choix, car il vous sera possible de débloquer les 70 points de l’arbre en gagnant 1 point par niveau de personnage à condition de réaliser le new game plus disponible à la fin de l’aventure. Oui, ici, point de mode endgame ou de système de failles, seule l’histoire vous sera proposée.

On retrouve les nombreuses statistiques que l’on a l’habitude de voir, sans pour autant qu’elle ne soient trop détaillées, ce qui rend le jeu accessible à tous. De l’équipement viendra accompagner tout ça, lui aussi séparé en trois raretés à savoir : normal, rare et légendaire.

Il vous sera alors possible d’équiper quatre talents actifs et deux talents passifs, ainsi que six pièces d’équipement et une potion utilisant un système de temps de recharge.

Il sera également possible de mélanger les arbres, même s’ il existe peu d’interactions entre eux. 

Aluna Sentinel of the shards

Mais, car oui il y a forcément un « mais ». Le jeu se veut trop simpliste, au point que les différents sorts n’ont pas de valeur de dégâts, pas de runes. Il ne s’agit que de simples effets visuels qui seront portés par les statistiques de dégâts physiques, magiques ou distants et autres chances de critiques.

Quelques légendaires viendront toutefois bousculer tout cela, en modifiant leur comportement, leur coût en mana ou encore leur temps de recharge. Mais cela ne suffit pas pour avoir envie de rechercher une optimisation à notre personnage. 

On a finalement l’impression d’être face à un bête Action-RPG nous montrant que cette pièce est meilleure qu’une autre via les petits indicateurs de puissance et qu’il suffit donc de l’équiper pour devenir meilleur.

Aluna Sentinel of the shards

Un système de fabrication d’objets et de roll des statistiques est également présent. Là encore les idées sont finalement très courantes, puisque la fabrication d’objets repose sur le concept de roll aléatoire, nous demandant de choisir un type d’équipement contre une somme d’or, ce qui entraînera la génération de l’objet.

Quant au système de roll de statistiques, le jeu propose de choisir une statistique secondaire et de la remplacer aléatoirement parmi une liste, et vous pourrez sélectionner le résultat final parmi trois.

Attention tout de même, la coût du roll augmentera au fur à mesure des essais sur un même objet.

Aluna Sentinel of the shards

Globalement c’est sur le côté technique que le jeu manque cruellement de finition. Avec des valeurs qui n’ont pas vraiment de sens, des nombres flottants peu justes dans les statistiques, des passifs dont on doute sur leur réel fonctionnement, ou encore la sensation de toucher qui n’est vraiment pas présente. 

Tous ces détails font que l’on a l’impression d’être face à un projet étudiant, au lieu d’un jeu fini. À tel point qu’au moment où j’écris ces mots, les options de débogage du jeu n’ont pas été retirées. Cela permet par exemple de voir les collisions, de monter le niveau de votre personnage au maximum (70), ou encore de débloquer tous les sorts, ainsi que de désactiver la météo. 

Cette dernière commande vous sera d’ailleurs très utile à votre arrivée sur la plage pour supprimer un effet d’orage très désagréable que vous croiserez assez souvent.

Un autre sujet qui mérite une très grande attention : celui des sauvegardes. 

Les sauvegardes se basent sur un système de point de passage, ce qui est très inhabituel pour le genre. Il faudra faire très attention lorsqu’un légendaire tombe au sol de ne pas mourir juste après, au risque de voir celui-ci disparaître. 

Il en est de même pour les montées de niveaux de votre personnage, de son équipement et de ses talents débloqués. 

Les points de passage sont toutefois assez fréquents, mais il m’est arrivé à plusieurs reprises de repasser plusieurs fois le même niveau dûs à des effets de contrôle à répétition. D’autant plus que dans la dernière partie du jeu, les environnements se retrouvent envahis d’ennemis. A tel point que cela en devient fatiguant de sans cesse aggro des monstres en essayant de reculer, le temps d’obtenir sa potion. 

Je précise tout de même un point positif sur cette partie technique qui concerne le déplacement du personnage. Celui-ci répond très bien, votre personnage se déplace correctement et vous ne resterez jamais bloqué dans les différents décors. Une erreur que l’on voit bien trop souvent.

Aluna Sentinel of the shards

On pourrait continuer longtemps à parler des défauts du jeu, comme son système de roulade dépendant de l’orientation du personnage, des animations brutes et manquant cruellement de réalisme, ou encore de sa difficulté qui est très mal dosée. 

Toutefois, Aluna est un projet qui cherchait avant tout à mettre en avant son héroïne. Sur ce point, on retrouve l’idée voulue par le studio. Alors oui, le jeu manque cruellement de feeling, mais en connaissance de cause et sans espérer y voir le nouveau Diablo, le jeu a quelques petites choses à nous offrir.

Si on devait ajouter une conclusion

Le jeu ne plaira pas à tout le monde, celui-ci n’a qu’une simple histoire et ne pourra être rejoué en boucle pendant de longues heures. Cependant, si vous cherchez une alternative, un petit projet ou découvrir une histoire, Aluna : Sentinel of the shards a de quoi vous offrir de bonnes choses, il vous faudra compter 10/15h pour finir une première fois l’histoire, cela devrait vous amener vers le niveau 30/35 et il vous faudra alors réaliser le new game plus pour obtenir le niveau maximum. 

Toutefois, il est bon de noter que durant ce test je n’ai eu aucun plantage du jeu, aucun bug, je ne suis passé aucune fois à travers le sol ou n’ait eu d’objet dupliqué ou supprimé.

Il faudra savoir être juste, et jouer au jeu pour ce qu’il est : sans grande prétention. On le voit dès le départ, sur sa fiche Steam ou sur les vidéos de présentation, le jeu ne cherche pas à nous mentir sur ce qu’il est. C’ est pour moi une découverte intéressante, mais qui ne conviendra pas à tous.

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