Test de Darksiders Genesis, de l’action en barre mais pas que

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Les cavaliers de l’apocalypse sont de retour dans un quatrième épisode qui est un préquel à la série des Darksiders. Le conseil Ardent a chargé Strife, War, Death et Fury de mettre un terme à la race des Nephilims. Au terme d’une bataille sanglante sur Eden, les Nephilims ne sont plus et War et Strife sont désormais sur les traces de Lucifer qui menace l’équilibre entre les cieux, l’enfer et l’humanité sur ordres du Conseil.

Dans Darksiders Genesis, ce sont donc deux des quatre cavaliers que vous pourrez incarner. War le guerrier au corps à corps que l’on avait déjà dirigé dans le premier épisode de Darksiders et Strife le cavalier au cheval blanc armé de ses deux pistolets : Mercy et Redemption. L’aventure peut tout aussi bien se faire en solo ou en co-op locale (écran partagé) ou distante. En solo vous aurez la possibilité d’alterner selon votre bon vouloir ou selon la situation entre Strife et War.

Diablo like ? oui mais non

Avant d’aller plus loin, mettons les choses au clair. Non, Darksiders Genesis n’est pas un diablo like comme on aurait pu le penser. Développé par Airship Syndicate et édité par THQ Nordic, Darksiders Genesis est un action RPG avec une vue top down ou vous devrez vous frayer un chemin dans des environnements en extérieur ou dans des donjons infestés de créatures prêtes à tout pour mettre fin à votre mission. La comparaison avec diablo s’arrêtant ici. Dans Darksiders Genesis, point d’équipement, point d’xp et de niveau, votre progression et votre puissance seront directement liées au talents que vous débloquerez au fur et à mesure de votre avancée dans l’histoire. Ces talents vous seront donnés en récupérant les « Coeurs de créatures » que vous amasserez en venant à bout de vos ennemis.

Ces « Coeurs de créatures » sont de trois catégories : attaque, santé et courroux. Ils pourront être mineur pour les cœurs récupérés sur les trashs ou majeur pour les cœurs lâché par les boss. Chaque cœurs possèdent 3 niveaux que vous pourrez débloquer en collectant encore et encore le même cœur. Vous aurez alors la possibilité de les insérer dans un arbre de talents afin d’activer les passifs associés à ces cœurs. Ces passifs peuvent tout aussi bien augmenter vos stats, mais ils peuvent aussi invoquer une créature alliée si vous arrivez à faire une esquive parfaite par exemple. En plus de cela si vous enchâssez un cœur dans un slot correspondant à son type vous gagnerez un effet bonus.

En complétant cet arbre passif vous allez faire augmenter une sorte d’ilvl qui sera représentatif de votre puissance actuelle et qui sera utilisée comme baromètre pour savoir si vous êtes de taille pour chaque mission. Au début vous n’aurez pas à réfléchir beaucoup puisque vous serez amené à insérer tous vos cœurs dans l’arbre. Ce n’est qu’une fois que vous en aurez récolté plus que de slots disponibles qu’il faudra construire vos passifs de manière plus réfléchie. Cela n’arrive toutefois pas avant d’être assez avancé dans l’histoire.

Un gameplay nerveux et addictif

Proposant deux gameplay bien différents avec War et Strife, Darksiders Genesis met l’action au premier plan. War est un guerrier au corps à corps et il dispose dans sa panoplie d’attaques brutales faisant des dégâts de zone ou encore un toubilol. Strife quant à lui sera plus dans la finesse. Il infligera la majorité de ses dégâts à distance tout en prenant soin de disposer des pièges mortels pour ces ennemis ou en faisant apparaître son clone tout aussi redoutable que l’original. Les phases d’actions sont rondement menées et d’une fluidité exemplaire. Les animations sont parfaites et les impacts bien restitués. Chaque personnage possède aussi un dash que l’on pourra spammer à outrance et qui favorise d’autant plus la nervosité des combats.

Pour agrémenter le tout, il sera même possible d’effectuer des exécutions dont certaines ont une chorégraphie des plus impressionnantes. En plus d’une barre d’énergie permet de lancer les différentes compétences, une barre de rage vous fera basculer en forme démoniaque une fois pleine. Cette forme démoniaque possède ses propres compétences et autant le dire, vous êtes en god mode pendant tout le temps de cette transformation. Plus ou moins inutile contre les trashs, elle s’avérera précieuse contre les boss.

En parlant de cela, les ennemis que vous croiserez dans les différents niveaux manquent tout de même de diversité. On croise de manière répétitive les mêmes créatures. Il en est de même pour certain mini boss. Heureusement les boss, qui sont au nombre de 5, ont chacun leur propre personnalité et ils apportent des challenges bien distincts. Le point intéressant est que chaque boss est une mission à part entière. Il est donc tout à fait possible de refaire plusieurs fois le même boss rapidement afin de collecter ses cœurs pour accroître le niveau de ces derniers. Le seul bémol vient du fait que certains combats sont, selon nous, un poil mal équilibré en terme de difficulté. Mais rien de rédhibitoire car le plaisir reste présent tout comme le sentiment d’accomplissement une fois que le boss tombe sous vos assauts répétés.

Dernier point concernant les ennemis, il n’est pas rare de les bloquer dans le décors ou alors que l’IA soit dans les choux avec des ennemis totalement statiques alors que vous les canardez à distance. Heureusement que cela n’arrive pas trop souvent mais cela suffit à gâcher quelques combats.

Pour contrôler tout cela vous aurez la possibilité d’utiliser un pad ou le combo clavier souris. Le pad reste tout de même fortement conseillé pour une expérience vraiment parfaite. Vous pouvez partir sur l’autre option mais le grand nombre de touches et le déplacement en ZQSD n’est clairement pas optimal.

De l’équilibre dans la force

Darksiders Genesis ne se résume toutefois pas juste à ces phases de combats. Comme nous le disions un peu plus haut, vous serez amenés à vous balader dans des environnements en extérieur et en intérieur dont le level design a été extrêmement bien travaillé. Même si les niveaux sont de taille variable, on a énormément apprécié la verticalité des environnements. Loin d’être un jeu en couloir, il y a parfois plusieurs chemins pour arriver au même endroit et les niveaux regorgent de trésors qu’il vous faudra dénicher. Oui, vous pouvez tout à fait tracer tout droit, mais le soin apporté au level design fait que l’exploration devient jouissive et elle est en plus largement récompensé.

Chaque niveau renferme un certain nombre de pièces du passeur qui pourront être dépensées chez Vulgrim ou Dis. Vous trouverez aussi des clés permettant d’ouvrir les portes du Mystificateur, sorte de mini chambre forte au butin précieux. Enfin, des coffres renfermant des cœurs de créatures pourront être découvert si vous vous en donnez la peine. On se laisse donc facilement prendre au jeu de la recherche de ces trésors disséminés ici et là. Toutefois, tout n’est pas accessible dès votre premier passage. Il faudra en effet attendre de débloquer certains pouvoirs afin de débloquer l’accessibilité à certaines zones. 3 pouvoirs sont disponibles par cavalier. Strife pourra par exemple créer des portails de téléportation tandis que War pourra enflammer des objets grâce à son shuriken téléguidé.

Ces pouvoirs vous seront aussi utiles pour progresser au sein de la mission. Le jeu propose en effet des puzzles à résoudre tout comme des phases de plateforme ou votre agilité à la manette sera de mise pour vous en sortir. Cet équilibre entre action, réflexion et agilité est juste parfait. Tout s’enchaîne naturellement et à aucun moment vous ne pouvez vous lasser de l’un ou de l’autre.

Darksiders Genesis assure un rythme soutenu dans sa progression et le tout est accompagné par une théâtralité orchestrée par une caméra entièrement gérée par le moteur du jeu. Cette gestion automatique de la caméra, de son zoom et de sa rotation permet de soutenir l’action de Darksiders Genesis et de mettre en avant les éléments importants du jeu. Toutefois cela peut s’avérer frustrant à certains moments. En effet les angles choisis vous masquent parfois les ennemis et votre cavalier aussi. La gestion des distances en devient aussi quelque fois compliquée lors des phases de plateforme. Cette caméra automatique est un véritable parti pris pour ce genre de jeu, dommage qu’il y ait ces soucis qui pourraient vous irriter.

L’exploration forme la jeunesse

Darksiders Genesis propose 16 missions au total que vous pourrez démarrer depuis « Le Néant », une sorte de hub qui servira aussi de lieu de repos pour acheter différents objets à Vulgrim ainsi que des compétences chez Dis. Trois modes de difficulté sont disponibles : facile, normale et difficile, tandis qu’un mode dit « apocalyptique » se débloquera une fois l’histoire terminée. Pour vous y frotter, Il faudra toutefois vraiment optimiser votre build. L’optimisation se fera grâce au farm des missions et de l’arène qui vous proposera de venir à bout de 10 vagues successives d’ennemis. On regrettera juste que le fait de relancer une mission déjà accomplie dans un mode de difficultés soit totalement réinitialisée en terme d’objectifs. On aurait aimé pouvoir parcourir plus librement le niveau en ayant juste à venir à bout des ennemis sans se soucier de la trame scénaristique.

Si vous vous laissez enivrez par la fièvre exploratoire, il faudra compter une bonne quinzaine d’heures pour venir à bout du scénario. Ajoutez à cela quelques heures de plus si vous êtes un adepte du 100% (trouver tous les objets d’un niveau).

Lors de notre test, nous avons fait une moitié d’aventure en solo et le reste en coop. L’expérience de jeu reste plus ou moins identique même si certain puzzles sont spécialement modifiés pour convenir au mode coop. La difficulté du jeu en prend néanmoins un coup puisque la coop facilite grandement la progression. Ainsi pour une expérience pleine, nous vous conseillons de passer le jeu en difficile si vous jouer dans ce mode là.

Une musique au service de l’ambiance

Nous n’en avons pas encore parlé mais l’ambiance sonore du jeu est juste extraordinaire. Les musiques retranscrives parfaitement atmosphère qui se dégage de ce Darksiders et elle est toujours approprié à l’action en cours. C’est vraiment l’un des gros point fort du jeu. En plus de cela le jeux est entièrement en français et le doublage est plus que correct. Avec un prix de précommande affiché à 25 euros, c’est impressionnant.

Pour ce qui des graphismes, ils n’ont quant à eux pas à rougir des grosses production. Développé avec le moteur unreal, le jeu propose un côté cartoon assumé et c’est réussi. Les environnements sont détaillés et regorgent de détails sans que cela nuise à la fluidité du jeu et la lisibilité de l’action.

Après notre visite du stand de THQ à la Gamescom 2019, nous étions encore plein de questions vis à vis du jeu et de ses mécanismes. Nous ne savions au final pas à quoi nous attendre et il faut dire que nous avons été agréablement surpris par cette épisode de la série Darksiders qui est pour nous une véritable réussite.

L’avis de Tasaka

Malgré certaines réticences que j’avais vis-à-vis du jeu à la suite des vidéos présentées lors de l’E3 qui nous donnaient une sensation d’un jeu basique, orienté action avec de nombreuses limitations. Je suis assez surpris par sa finition dans sa globalité, même si celui-ci contient quelques points négatifs. Notamment la caméra qui a souvent tendance à jouer contre nous avec des placements par moment chaotiques. Ou encore le fait, qu’ils auraient pu nous offrir quelques emplacements d’items. Tout cela disparait rapidement du fait de voir arriver la licence Darksider dans un nouveau genre, mixé à son rythme bien jaugé entre moment de bashing intensif et de passage Puzzle / Platformer. Il est clair qu’il ne faut pas s’attendre à un jeu ultra complet pour son prix affiché sur pc, mais celui-ci m’a clairement surpris et m’aura fait passer quelques heures bien sympathiques à tuer des créatures en enfer.
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