[Test] Wolcen: Lords of Mayhem s’offre une place au côté des grands

19

Cinq ans après sa campagne Kickstarter, Wolcen: Lords of Mayhem se livre enfin à nous dans sa version finale. Il faut dire que notre patience aura été mise à rude épreuve. L’alpha nous avait conquis à l’époque, avec son monde ouvert, ses graphismes alléchants et sa construction de personnage et ce malgré quelques limitations encore existantes comme un arbre de talents alors incomplet. La bêta quant à elle nous avait apporté énormément de doutes sur l’avenir du jeu, celui-ci ayant pris un virage radical où les promesses faites lors du kickstarter s’étaient envolées. 

A quoi doit-on s’attendre maintenant avec Wolcen : Lords of Mayhem ?

Face aux mastodontes du genre que sont Diablo et Path of Exile, existe-t-il encore de la place aux côtés de ces hack’n’slash adoubés par les joueurs qui ne se lassent pas d’arpenter les couloirs sombres à la recherche de gloire et de précieux butins ? 

Wolcen s’est donné pour ambition de devenir une référence en terme d’A-RPG sans en casser ses codes. C’est une lourde tâche qui l’attend et nous allons découvrir si son pari est réussi… 

Préparez-vous à vivre une véritable aventure

Dès qu’on lance le jeu, on a le plaisir de découvrir un élément peu commun dans un diablo-like : la personnalisation de notre personnage. Oui, cela peut paraître gadget, mais au final il n’y a rien de mieux pour s’identifier au héros qui va nous accompagner pendant de nombreuses heures. Même si le choix reste assez restreint, c’est avec joie que je retrouve le personnage féminin qui m’avait tant manqué pendant la bêta. On sent de suite le soin qui a été apporté à l’aspect visuel du jeu et on peut espérer le meilleur pour la suite de notre aventure.

Dernière étape avant de se lancer dans l’aventure, la sélection du mode de difficulté. Il n’y a que deux choix possibles. L’un favorisant l’histoire et l’autre étant le niveau de difficulté idéal pour le jeu. On ne retrouve malheureusement pas le mode hardcore que beaucoup de joueurs de diablo-like apprécient mais il n’est pas exclu que celui-ci soit ajouté lors d’une prochaine mise à jour. Cependant, il y a un grand nombre de succès liés à la plateforme Steam qui proposeront de réels challenges, dont un récompensant votre invincibilité durant les 3 actes du jeu. Bon courage à ceux qui voudront s’y frotter car Wolcen est exigeant et il ne pardonne pas les erreurs. Certaines attaques peuvent s’avérer létales si vous n’êtes pas en mesure de les éviter. Mais il n’y a rien d’insurmontable, la campagne étant globalement correctement équilibrée avec le mode de difficulté normale.

Après un rapide prologue permettant de comprendre les bases des contrôles du jeu, on plonge littéralement dans l’histoire. Elle possède un véritable fil conducteur qui vous mènera jusqu’à la fin de l’acte trois. Contrairement à de nombreux hack’n’slash, elle ne sert pas juste de prétexte pour aller en découdre avec des hordes d’ennemis. Les cinématiques, toute entièrement doublées, qui émailleront votre périple sont distillées judicieusement pour introduire les événements auxquels vous prendrez part. Les développeurs de Wolcen ont réussi à nous immerger dans une histoire épique en trouvant un juste équilibre entre action et narration. Le seul reproche que l’on pourrait faire, vient des cinématiques qui montrent quelques lacunes en termes d’animations des personnages. Mais on oublie bien vite ce détail face à la qualité de l’ambiance insufflée par ces mises en scène.

Une immersion totale ou la beauté se mêle au gore

Wolcen utilise le moteur CryEngine et la maîtrise de ce dernier profite pleinement aux environnements du jeu qui sont parfois à couper le souffle, que cela soit en terme de lumières ou de textures. Plusieurs fois, nous avons fait des pauses afin d’admirer les paysages que le jeu nous offre. On regrette presque de ne pas avoir un mode photo afin de cadrer comme on le voudrait. Cette qualité graphique s’accompagne en plus d’un souci du détail dans les environnements. Que cela soit en terme d’habillage ou d’arrière plan, on sent à nouveau le soin apporté par les artistes du studio pour nous livrer une atmosphère digne de la trame scénaristique. L’immersion est totale dans ce monde gore où le sang jaillit de toute part. Malheureusement cela reste assez inégal. L’acte 2 est pour nous une véritable réussite sur le plan esthétique. Nous avons eu un réel coup de cœur pour les environnements qu’il propose et l’ambiance nauséabonde qui en émane. Au contraire, l’acte 3 souffre d’un manque flagrant de finitions. Alors certes, ce dernier acte se déroule dans une zone désertique (type de région devenu un incontournable du genre) mais on sent que les développeurs ont été rattrapés par le temps. C’est bien dommage car l’intensité dramatique qui monte crescendo dans l’histoire souffre d’une réalisation trop rapide sur cet acte 3. Malgré cela, le résultat global est de très bonne facture et on espère que l’acte 4 prévu cette année saura se hisser au niveau de l’acte 2.

Même si la trame principale est assez linéaire et que l’on traverse quelques niveaux couloirs, la progression au sein de Wolcen est agréable. On cherche absolument à bien visiter chaque recoin pour en découvrir les différents trésors éparpillés ici et là. Entre les zones secondaires, certes un peu petites, les marchands ambulants, les autels d’offres, les boss cachés, Wolcen a gagné en rondeur et en contenu.

Il ne manque plus qu’une brique pour servir cette ambiance : la bande sonore. Et là encore le pari est réussi. Sachant se faire oublier quand il le faut, les musiques reviennent au galop pour souligner les moments forts du jeu. La magie des compositeurs Cédric Baravaglio et Jean-Gabriel Raynaud opère à merveille. Enregistrée avec l’orchestre philharmonique de Prague, elle colle parfaitement à l’action et revêt une véritable dimension épique digne des plus grand film d’héroic-fantasy.

Wolcen est une réussite visuelle et sonore avec une ambiance qui lui est propre. 

De l’action pour tous

L’essence même d’un hack’n’slash réside dans ses phases d’action et ses combats. Dans Wolcen, la prise en main de notre personne est intuitive et assez proche des standards du genre. Wolcen mise d’ailleurs tout sur la mobilité. Roulade, dash et autres sorts de téléportation ou de saut seront de la partie. Tout s’enchaîne de manière fluide pour vous permettre d’esquiver les nombreuses attaques qui jailliront de tous les côtés.

Quant au ressenti des combats, il n’a pas à rougir de la concurrence. En fonction de l’arme équipée, vous n’aurez pas du tout les mêmes sensations. Avec deux dagues par exemple votre personnage sera la grace incarnée alors que si vous lui donnez une arme à deux mains la sensation de lourdeur sera parfaitement rendue. Dans tous les cas, les impacts sont bien retranscrits et les effets sonores des sorts sonnent juste. On apprécie aussi les effets spéciaux des différentes compétences qui sont très soignés et qui participent grandement à cette sensation de puissance qui se dégage de notre personnage.

Il subsiste toutefois quelques imprécisions comme une roulade bloquée par un mur fantôme, des ennemis qui se prennent les pieds dans le tapis et réagissent bizarrement ou encore des erreurs de placement lors d’une auto-attack. Mais ce sont des détails qui on l’espère seront corrigés rapidement.

On notera aussi l’ajout d’une fonctionnalité assez sympathique sur les mini boss : “l’armor break”. En plus de sa barre de vie, le boss possède une seconde barre, qui, une fois vide, l’étourdira pendant un certain laps de temps, vous permettant ainsi de déchainer votre plein potentiel de dégâts.

En conclusion, les combats dans Wolcen sont une belle réussite. Dynamiques et addictifs, il y a peu de temps morts et il vous faudra constamment être dans l’action. On aurait toutefois aimé un peu plus de lisibilité dans ces derniers. La provenance des dégâts est parfois mystérieuse et les débuffs appliqués sur notre personnage sont peu visibles, il manque l’ajout d’une icône par exemple (ce point est corrigé dans la version finale).

Même si Wolcen ne révolutionne pas le genre, il prend par exemple le risque de proposer un système de gestion de ressources différent du classique pot de mana. Avec une jauge de volonté et de rage qui joue aux vases communicants, il faut un petit temps d’adaptation pour s’y faire. Très vite on se rend compte que ce système est partie intégrante de la liberté que l’on nous donne pour la construction de notre personnage. Cela vous forcera par exemple à alterner entre les sorts utilisant l’une ou l’autre ressource et encore une fois à expérimenter en mélangeant les archétypes.

La panoplie des compétences utilisables est large et variée mais c’est avec les modificateurs de sorts que toute la richesse se dévoile. En fonction de votre style de jeu et du build que vous êtes en train de faire, vous pourrez choisir parmi les 16 modificateurs par talents. On retrouvera les grands classiques comme le fait d’ajouter plus de dégâts, mais on pourra aussi modifier le design même du sort pour augmenter sa zone d’effet ou son type de dégâts. Ce qu’on aime, c’est le fait qu’il n’y ait aucune restriction de modification. On est libre de notre sélection de modificateurs et cela pousse vraiment à expérimenter différentes combinaisons.

Cette liberté se retrouve aussi dans l’arbre des talents passifs. Même si celui n’est pas aussi gargantuesque (indigeste?) que dans de Path Of Exile, Wolcen a su imposer son style avec un sphérier mobile qui permet de laisser libre cours aux combinaisons les plus improbables. Avec 89 points à distribuer au total, il fera le bonheur des théorie-crafteurs mais cela reste abordable pour le commun des mortels. Vous pouvez en effet partir sur un archétype classique et vous trouverez facilement votre voix dans ce sphérier mais vous pouvez aussi chercher plus de complexité voire même de la bizarrerie. L’arbre pourra être réinitialisé à tout moment avec un coût proportionnel à votre avancement. Sans révolutionner le genre, Wolcen a su trouver un équilibre juste entre l’élitisme de Path of Exile et la simplicité de Diablo.

Pour que votre build soit efficace il ne vous reste plus qu’à vous équiper correctement et dans Wolcen le loot prolifère. Pendant votre phase de leveling vous allez en ramasser à la pelle et vous changerez souvent de pièces tandis que le superflu partira chez le marchand chez qui il est bon de garder un oeil puisqu’il vous proposera parfois de bonnes affaires. Il y a tout ce qu’on aime dans les objets de Wolcen, plein de stats à décortiquer et une bonne dose d’aléatoire vous laissant espérer à chaque nouvel objet ramassé. On trouvera également un système de gemmes offrant encore plus de possibilités. Au final, Wolcen propose un excellent système de loot qui vous permettra de monter en puissance petit à petit.

Chaque loot débloquera le skin associé à l’objet qui viendra compléter votre garde-robe et avec les teintures, cela permettra de pousser encore plus la personnalisation de notre personnage. L’écran de personnalisation est simple à utiliser et il offre énormément de possibilités. Et puis disons-le, c’est tout de même super agréable de se forger un style unique sans avoir à sortir la CB.

Wolcen propose aussi de l’artisanat qui vous permettra de créer l’arme ou la pièce d’armure avec les stats optimales pour votre build. Pendant ma phase de leveling jusqu’au niveau 50, je n’ai pas vraiment eu besoin d’avoir recours au craft car on change assez régulièrement d’équipement. 

Et le end-game ca donne quoi ?

Comme pour chaque hack’n’slash, l’un des éléments les plus importants va être la boucle infinie qui est mise en place une fois la campagne terminée qu’on appelle communément le “end-game”. Les missions sont associées à la reconstruction et l’administration de la ville de Stormfall. Rien qui ne changera globalement le fait que vous allez faire des failles mais cela permet de gamifier le farm du end-game. Vos missions vous apporteront des ressources vous permettant d’alimenter vos projets de construction et ainsi vous permettre d’accéder à des améliorations. Vous pourrez par exemple débloquer de nouveaux onglets dans votre coffre, la septième compétence ou alors les compétences dupliquées.

Cela débloquera aussi de nouveaux types de missions que je vous laisse découvrir par vous-même

Dans l’ensemble, Wolcen est un Hack and Slash qui nous aura fait l’effet d’un ascenseur émotionnel. Ses différentes phases de développement ont apporté de nombreux changements et la vision globale du projet s’en est vu bouleversée. Certaines fonctionnalités ont été sacrifiées et d’autres ont fait leur apparition. Je regrette par exemple la disparition des environnements plus ouverts contre de simples couloirs. Cela concerne principalement l’acte 3 qui aurait mérité mieux, au vu de son ambiance générale. On ressent également un manque de détails apportés à celui-ci, contrairement aux deux premiers et plus particulièrement à l’acte 2, qui pour moi est une vraie réussite en terme d’ambiance. Cependant, il faut bien noter qu’il s’agit là du premier jeu du studio et on ne peut que constater le travail monstrueux accompli par l’équipe. Actuellement, mon seul regret est que les développeurs ont choisi la facilité avec un simple système de faille pour le contenu « EndGame ». Selon moi, ce système est déjà trop vu dans le genre, il y a là un léger manque de prise de risque. D’autant plus, que les objectifs de construction que l’on nous donne à la fin du jeu n’offrent pas de réels choix. La limitation due aux coûts de construction nous imposera plus ou moins un ordre préétabli. Malgré cela, Wolcen est une agréable surprise, où l’on prend vraiment plaisir à jouer et affronter de nombreux ennemis, grâce à une grande variété de sorts et de builds. Wolcen s’offre une possibilité de trouver sa place auprès des géants du genre à condition bien sûr de continuer son développement dans les mois à venir.
Tasaka Sama
Tasaka Sama
S’abonner
Notifier de
guest
19 Commentaires
le plus récent
le plus ancien
Inline Feedbacks
View all comments