Torchlight III : un avis plus que mitigé

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Actuellement disponible sur PC, PS4 et Xbox one, Torchlight III a subi un développement plus que chaotique. Initialement prévu en free-to-play, le jeu a connu un reboot partiel qui l’a fait passer à un modèle en buy-to-play. Ce reboot a malheureusement donné naissance à un jeu qui n’a jamais su où se positionner avec de nombreux éléments qui ne fonctionnent pas ou qui ont du mal à trouver une complémentarité.

Ce manque de vision sur le jeu est son principal problème. Là où de nombreux studios auraient pris la décision d’un reboot complet, Echtra Games a fait le choix de bâtir Torchlight III sur les cendres encore fumantes de Torchlight Frontiers. Ce choix se ressent au fur et à mesure de vos sessions de jeu avec par exemple des restes de Battlepass à l’apport très limité, un fort rempli de personnalisation dont on ne voit pas l’intérêt et surtout un manque global de finition.

Torchlight 3 legendaire

Quatre classes et cinq reliques

Torchlight III vous propose de choisir parmi quatre classes au gameplay bien distinct. On retrouvera du classique avec le Tireur d’élite, un archer émérite et véritable ami des bêtes, le Mage du crépuscule qui oscille entre lumière et ombre, le Forgé qui doit gérer un mécanisme de température et enfin le Railmaster qui doit être un proche cousin de l’ingénieur du deuxième opus.

Chaque classe possède deux arbres de talents qui ne proposent malheureusement pas un large choix de compétences. Avec uniquement 14 compétences actives au total, Torchlight III ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination et au theorycrafting. Pour ajouter plus de diversité, le système de relique s’est transformé durant l’accès anticipé pour offrir un troisième arbre de talents ajoutant ainsi 10 compétences de plus à votre personnage. Mais il faut bien avouer que ce système de relique manque de complémentarité avec les autres talents. Une sorte de mayonnaise ratée qu’on aurait tenté de rattraper en vain en y ajoutant des ingrédients au pif. Ceci est encore plus frustrant quand on sait que ce choix s’effectue à la création du héros et que vous ne pouvez pas revenir sur votre décision à moins de recommencer un personnage.

Pour remplir tout cela, 70 points seront à débloquer au fur à mesure de votre progression, de quoi bien remplir les arbres sans pour autant les compléter à 100%. Chaque talent possède trois paliers qui débloqueront des avantages divers et variés. Certains paliers modifieront le talent ou activeront des passifs.

Amis theorycrafteurs passez donc votre chemin, Torchlight III ne saura pas assouvir vos envies. Toutefois ce manque de profondeur donne un côté très accessible au titre qui pourrait plaire aux joueurs qui ne veulent pas se prendre la tête et se plonger rapidement dans l’action. En effet les quelques synergies existantes sont assez facilement visibles et il y a peu de possibilités de se tromper. Et heureusement, car la respé est un véritable chemin de croix. Le reset global de vos compétences n’est pas possible. Il vous faudra collecter des objets qui permettront d’enlever point par point et autant vous dire que le jeu n’est pas là pour vous en donner en nombre.

Trois actes, trois environnements, beaucoup de recyclage

Le jeu se déroule en trois actes ayant chacun leurs environnements, leurs monstres et leurs objets. Toutefois, même si l’acte 3 se détache quelque peu des deux premiers actes, tout sent le recyclage à outrance. On retrouve les mêmes assets graphiques à droite à gauche et il est bien difficile de ressentir une quelconque progression au fil d’un acte puisque tout se ressemble. Il en est de même pour le bestiaire où l’on retrouvera inlassablement les mêmes ennemis et les mêmes boss.

L’héritage de Frontiers est encore largement présent. Bien que les développeurs aient tenté de modifier cela, on se retrouve toujours avec une première zone de feu où on ne trouvera que des objets permettant d’augmenter sa résistance au feu, qui bien entendu est le seul élément présent à cet endroit. Le joueur devra juste maximiser son armure et sa résistance à cet élément sans vraiment réfléchir plus que ça à ses objets… et cela se répètera dans les zones suivantes, respectivement de poison et d’électricité. On est bien loin de l’idée que l’on peut se faire dans un hack’n’slash où l’équipement est un compromis perpétuel entre attaque et défense avec la recherche d’un certain équilibre.

Pendant votre phase de leveling, vous aurez la possibilité de réaliser des contrats, un système issu de Torchlight 2, qui ouvre une carte qu’il faut compléter afin de récupérer de nombreux objets. Rien à redire à ce sujet, si ce n’est qu’il fait doublon avec le mode end-game de Torchlight III : le « Dun’jinn de Fazeer’s ». Ce mode sera disponible une fois la campagne terminée. Il ressemble de très près à un système de rifts, nous faisant revisiter tous les environnements de la campagne en y apportant un modificateur en vue d’augmenter la difficulté. Ce mode de jeu est infini, il propose de ce fait une rejouabilité conséquente, d’autant plus que toutes les zones se mettent au niveau du joueur.  Cependant, on s’en lasse rapidement du fait qu’il n’y ait pas de réel objectif ou de récompenses liées à l’augmentation du nombre de défis réussis.

Une DA respectueuse de la licence

La direction artistique de Torchlight 3 est vraiment réussie, l’ensemble est cohérent et le moteur Unreal Engine 4 pousse le jeu dans une direction différente des deux précédents, ce qui n’est vraiment pas désagréable. Alors certes on aimera ou pas, mais la licence n’a jamais eu pour vocation de se diriger vers la Dark fantasy souvent liée au genre. Les zones sont vastes et fourmillent de détails et c’est d’ailleurs le seul et unique point positif du jeu même si on aurait aimé plus de dynamisme au niveau des décors. On aura aussi quelques passages assez couloirs qui ne laisseront pas de place à l’exploration. Vous ne tomberez jamais sur un donjon aléatoire par exemple ou une quête secondaire. L’ensemble de la campagne de Torchlight III se résume malheureusement à une grande ligne droite.

Torchlight 3 acte 2

Des objets oui, mais des statistiques limitées

Je dis souvent que dans un Hack’n’Slash il faut faire peu, mais il faut le faire bien (NDLR : Quel philosophe ce Tasa). C’est vrai, mais cela ne doit pas non plus limiter la conception de personnage. Pour un studio indépendant cela peut être compréhensible mais pour Torchlight 3 qui bénéficie d’un budget non négligeable et de personnes expérimentées comme Max Schaefer, c’est bien plus incompréhensible.

L’équipement dans TL3 repose uniquement sur quelques statistiques basiques. La majorité sera basée sur des +x à un sort précis, qu’il vous faudra alors avoir débloqué pour que son effet soit actif et que celui-ci ne soit pas à son maximum, car il ne pourra pas être overcapé. Hormis les légendaires, un objet n’a qu’une ou deux lignes de statistiques avec pour risque de rendre un objet avec un bon potentiel vite inintéressant car pas ou peu utile au build joué.

D’ailleurs en parlant des légendaires, le problème est également présent. Il n’est pas question ici d’avoir un objet avec de nombreuses statistiques ou avec des choses uniques, le jeu incite constamment à avoir un gameplay de synergie entre plusieurs sorts. Comme si on cherchait à nous faire remplir une barre d’éléments actifs pour donner l’illusion de jouer des builds variés.

Torchlight 3 Profile

L’amusement, ce n’est pas avant le niveau 40

Bien entendu, en jouant en Torchlight 3 on ne s’attend pas à avoir la même qualité et finition que d’autres mastodontes du genre. Il est clair que le jeu n’a jamais visé les fans du genre. Mais je trouve que dans l’ensemble même s’il y a de bonnes idées, celui-ci n’a jamais su vraiment les concrétiser afin de nous les faire ressentir. Il faut même atteindre le niveau 35+ pour commencer à ressentir du plaisir à détruire des monstres par paquets. On passe d’un supplice pour tuer un monstre à la fois, à pouvoir enfin se défouler suite à une sérieuse augmentation de la valeur de nos objets.

De plus, un choix assez particulier a été fait durant l’early access, qui pour moi n’est vraiment pas une bonne idée. C’est le fait d’avoir enlevé la table d’enchantement pour ne la rendre accessible qu’une fois la campagne terminée.  Là encore le jeu n’apporte pas de réflexion sur les équipements tant que le joueur ne se trouve pas en end game. Il s’agit là d’un moyen de cacher son faible contenu, en mettant à disposition la fonctionnalité à ce moment-là. 

Torchlight 3 n’est donc pas à mettre dans toutes les mains. Là où il plaira au plus grand nombre à la recherche d’un nouveau jeu, il n’en sera pas de même pour les fans du genre qui préféreront largement continuer à faire des runs sur Torchlight 2 et son Raid donjon apporté par le Synergie mod. Toutefois le titre n’est pas complétement à oublier et si de nombreuses mises à jour débarquent on pourrait après quelques temps avoir de bonnes surprises…

Les plus

  • Une DA colorée qui respecte la série
  • Le fort en mode chill

Les moins

  • Une progression très linéaire
  • Trop peu de talents
  • Peu d’équipement
  • Des stats au rabais
  • Un endgame rapidement ennuyeux
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